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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 04:57

Trois ans au Québec! Que le temps passe vite! Bientôt l'heure du bilan...Tant de souvenirs et d'anecdotes comme un héritage... Que de découvertes, de belles rencontres, d'émotions partagées, de tristesse, de joie, de doutes, de certitudes, de sentiments mêlés, de remise en question, de séparations, de retrouvailles, de défaites et de victoires personnelles...Une tranche de vie en somme avec toutes ses contradictions et son lot de surprises.

Doit-on vraiment clore le chapitre et refermer le livre définitvement? Non heureusement! Rien n'est jamais vraiment terminé dans la vie, on ne repart jamais à zéro comme je le pensais, tout n'est que prolongements, on tourne des pages au rythme d'épisodes heureux et malheureux, et on garde son expérience comme des bagages que l'on amène avec soi. Un autre enseignement que j'ai compris récemment...

Petit flashback en dix clichés sur cette expérience aussi enrichissante que passionante...

1- des questions, des angoisses, des doutes au moment du départ

Le 20 mars 2011 j'ai 36 ans, je quitte ceux que j'aime dans le matin froid parisien avec beaucoup de chagrin, un dernier coup de fil émouvant de Pascal et je m'envole vers cette mythique Amérique qui m'appelle depuis mille ans, sans promesses de réussite ni aucune certitude...Pris de panique comme jamais, je commence à mesurer les conséquences de ma décision et j'ai de sérieux doutes quant à ma capacité à tenir le coup et à me débrouiller seul dans un pays que je ne connais finalement très peu...Je viens surtout de réaliser que ce qui compte par dessus tout dans la vie, au-delà des frontières, c'est ceux qu'on aime. Je mesure concrètement la portée de ce que je suis en train d'éprouver, je ne l'avais honteusement qu'à peine éffleuré jusqu'alors. C'est une belle première leçon! Fallait-il cela pour apprendre?

2- non Stéph, t'es pas tout seul (et tu ne l'as jamais été)!

L'accueil de Raynald et Denise et bien sûr de leurs enfants...La chaleur, les sourires, les bons conseils, les discussions de fin de soirée, l'accueil de Carlos et de sa femme, le bon vin et les soupers plus exquis les uns que les autres, Victoriaville et surtout les doutes dissipés, l'extraordinaire croyance que tout va fonctionner, je souffle sur les braises pour qu'elles prennent... Merci, merci mille fois...Les longues marches dans Québec, les dépôts de CV du matin, immigration Québec, le tournoi de soccer de l'OFII, le bus, la place Jacques Cartier et le Jardin Mobile...Les coups de fil pour trouver un job, mon permis de conduire, mon contrat de travail, Wilfried Hamel, une grosse galère le premier jour de boulot, monsieur Pelletier, ma plaque et ma Ford!

3- La Poc et les premières retrouvailles

Sabine et les enfants fin mai, dans notre bulle pendant 10 jours, le soleil du matin du vieux Québec, la fenêtre de la rue d'Auteuil, la vieille, les homards...Mes premiers pas à La Poc, Jérôme et Cholé, Séb, Marcel, Paule, Richard...Ma petite chambre, les matins en tête-à-tête avec moi-même, l'Irish Spring, la première nuit sans couette ni draps, une autre nuit complètement blanche, le beurre de cacahuètes, les assiettes en plastique, les sonneries anti-feu, le Métro, les moustiques!

4- Tu vuoi fa' l'americano!

Mon premier retour en France, les larmes de la Part-Dieu, la fierté dans les yeux de papa et maman, l'americano, mamie Juju, le déménagement, Pascal et Fabrice, les vacances à Aix, la voiture de Daniel, Paolo dans le chariot de bagages à Marseille, l'arrivée au Québec en famille, nos premiers pas, le bus jaune, les fournitures scolaires, les lunchs, les écarts de températures dans une même journée, le ciel du Canada et les couchers de soleil, les ballades le long du Saint-Laurent, les piques-niques sur la montagne du collège, l'appart, Paolo dans Zellers, Elisa et ses meritas, Sainte-Luce, calinou, le bateau de Jérôme, Edmunston et les moustiques un jour de pluie, les papillons, le resto sur la route au coucher du soleil...

5- L'hiver vous l'avez voulu, vous l'avez eu!

Le Centre Bell avec Raynald, Noël ensemble, Montréal et le jour de l'an avec les M&M's, Kamouraska -40, les chutes de Montmorency et de Marie, Noël à la Réunion, les cours de ski, le Centre Bombardier le dimanche soir, la Star'Ac...La voiture bloquée par la neige dans la cour, chez Francine, le sapin, les boulettes, les pop corns, le job de Sabine, le Burger King, le KFC, les sandwichs au homard, les cabanes à sucre, l'île d'Orléans...

6- Les beaux et moins beaux jours

Les USA la première fois, le Texas steackhouse, le Cosmos avec Stéphane, les grands drapeaux, le skype avec maman dans l'hotel de Plattsburgh, les magnolias, le lac de l'Est et celui de Pohénégamook, le Super C de Rivière-du Loup, Karine et Evelyne, les animaux écrasés sur les routes, la visite de monsieur et madame Papillon, le spectacle de classe de Paolo, les parties de basket en famille à l'école, le festival de St-Antonin, les bélugas, les vacances à San Remo, les Trois-Accords, la mer, le resto à Cinzano, le Mont-Cenis, la séparation, la reprise avec les boules, les samedis et les jours fériés au boulot, les fous rires avec Jérôme, le Saint-Louis, le billard, les RO, les râclées et les premières victoires...Mario, Roger, Clément, Frank, Michel, Cindy, Hayat et les autres...Et encore Richard, la Coors Light et la Molson Ex...Les colis surprises de Sabine et des enfants, le golf, l'anniversaire d'Elisa, l'arrivée surprise à l'école primaire, le platre de Sabine, les vestiges romains de Chaponost, la départementale, Noël ensemble...et le retour encore une fois!

7- Allers-retours encore et encore!!!

L'anniversaire de Paolo au boowling, les caramilks et le sirop d'érable, le resto japonais de Pierre-Bénite, l'aller-retour Québec-le Bic, la famille de Raynald, la visite de Pascal, celle de Daniel, le smoked meat avec Pascal à Montréal, le barbecue à 23 heures, le gâteau au sirop d'Erable et le Mountain Dew, la tablette, le Buro, les bigs shots de billard, la pluie du mois de juin, St-Jean-Port-Joli le soir, les beaux sourires. Montréal, le Subway, William Deslauriers et Flo-Rida, la Floride tous ensemble, Paolo dans la voiture en écoutant Alex Clare, Washington avec Elisa, la Géorgie, la plage, les petits-déjeûners, la plantation, les piscines, les dauphins de Captiva, les orages, le tatou, le périple du retour, les 5 heures du mat' dans la grisaille, le foot et la pétanque en famille, la ferme Cybelle, la Crême-rit, le lac St-Pierre avec Richard, Josée et sa famille, le ciel étoilé de Mont-Carmel, Louis-Charles, puis reséparation...Puis re-les boules...Et bien sûr la longue route du retour sous la pluie...

8- dernier Noël avec papa

Ma prise de tête décalée pour une rallonge de table, Noël avec le papa de Rose, le dernier tous ensemble, le furby de Maria, l'après-midi avec les petits autour de papa à l'hôpital, la cafèt avec Pino et Joëlle, les cousins et cousines, papa et moi et nos Adieux, notre triste Jour de l'An...

9- le jour d'après

Le coup de fil de Sabine au petit matin, le lift improvisé de Jérôme jusqu'à Montréal, ma grosse colère complétement hors sujet en arrivant à Lyon,  la 307, le boulot à distance, Paolo et Elisa le matin, les muffins et les oeufs, le notaire avec maman, les câlins d'Elisa et Paolo, et encore l'avion! Plus claqué et décalé que jamais...Les matins à Satolas avec Sabine et Roissy avec Pascal, la carte du CM qui ne marche plus, la ronflette dans l'Orléans Express et Jérôme à la gare routière de Ste-Foy. La reprise, les messages de soutien des amis, le pot de fleur, les lasagnes, la guitare, l'Opéra, la voute célèste et la chaleur de St-Roch en plein hiver, Jean-Pierre, Louise-Marie, le Dagu', les séries, le Canadien, Patrick, le musée des civilisations, le coucher de soleil de Lévis...Les sushis...La fin du bail, de Vidéotron, la vente de la voiture et la préparation du retour.

10- Epilogue

Me voilà presque arrivé au bout de mon périple, mais, de nature optimiste, j'aime penser qu'il y aura une continuité. Qu'en penserait au fait le Stéphane de mars 2011? Honnêtement il aurait du mal à y coire! Peut-être même qu'il ne se reconnaîtrait pas! En ce sens, je suis très satisfait du chemin parcouru, même si je n'ai pas trouvé cette utopique plénitude et ce bonheur absolu derrière lequels tout homme moderne court en ce début de millénaire. Qu'importe? J'ai trouvé autre chose comme le sentiment de s'être bonifié, j'ai acquis d'autres certitudes, en ai perdu aussi quelques unes en chemin, et si tout n'a pas été simple, c'est qu'il doit sûrement y avoir un coût à tout. Aussi, il y a bien eu des échecs personnels et cette terrible et douloureuse épreuve de vivre loin des siens.

Finalement, que suis-je venu chercher au Canada? Une vie meilleure pour ma petite famille? Réaliser un rêve? Certainement, mais peut-être aussi plus égoïstement, une sorte d'accomplissement de soi. Serais-je parti un peu inconsciemment à la recherche de moi-même?...Pour répondre à cette curieuse question: "qu'est-ce que je vaux en tant qu'homme"? L'une des plus belles richesses que j'ai trouvé ici, c'est peut-être un début de réponse à celle-ci. Ma reconnaissance éternelle au Canada et aux canadiens pour m'avoir aidé dans cette quête.

Je suis donc heureux et excité de rentrer en France, recommencer une nouvelle vie, me retrouver parmi les miens avec un autre bagage, un autre vécu et quelques rides (et cheveux blancs) en plus...

Il est temps maintenant que le train de la paix me ramène à la maison*; mon pays ce n'est pas un pays, mon pays c'est la France, le Québec, le Canada, l'Italie, la Tunisie, le Monde...Riche, inconsciente et belle aventure dont je me souviens!

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 02:39

 

Voici la suite de notre intégration :

 

La rentrée scolaire s’est bien déroulée pour les enfants qui ont étés accueillis chaleureusement par la directrice ; les maîtresses et leurs camarades, comme tous les nouveaux d’ailleurs. 

La Pocatière est une ville de 4500 habitants, plutôt rurale mais qui possède un CEGEP (équivalent à peu près d’un lycée pro), du coup les habitants ont l’habitude de voir du monde défiler mais plutôt des gens de la région et la mixité culturelle n’est pas très présente.

Elisa est toute contente de se faire des amis aussi rapidement et trouve les garçons plus gentils et plus calmes qu’en France.

Paolo a eu un peu de mal au début à comprendre ses camarades et les consignes de la maîtresse mais maintenant il manie lui-même les subtilités de la langue et cherche à adopter l’accent. Pour l’accent ça donne une petite bouillie chamallow un peu à l’américaine et pour les expressions on a eu le droit à : « C’est trop tuf cet exercice »(tuf=tough=dur), «je peux flatter le lapin ? »(caresser), «  j’ai eu un méritas »(sorte de félicitation)etc…

Elisa en est à : «  c’est fun l’école », « j’ai fini mes devoirs, c’est comme bon ? », « Pfff ! C’est tannant les devoirs » Et moi, mes préférées c’est : « c’est ben correc ! » ou «tranquillement, pas vite… »

Après ; à l’école les horaires sont différents : 8h-11h20 et 12h50-15h20. La plupart des enfants prennent leur lunch à l’école (dans leur sac à lunch se trouve leur repas froid ou à réchauffer) ou rentrent manger chez eux. Dès 6 ans ils rentrent facilement seuls à pied. 

La cantine telle qu’on la connaît n’existe donc pas, même s’il y a possibilité pour 5 dollars de commander des repas chauds servis dans des récipients type Sodexo.

De multiples activités selon les âges  sont proposées entre midi et deux ou après l’école, Elisa a choisi chorale et Paolo jeux collectifs.

Ils ont commencé également le patinage, Paolo a souvent vu la glace de près mais les progrès en quelques séances sont stupéfiants ! Stef et moi on s’y est mis aussi avec appréhension…Miracle ! Je tiens sur des patins et Stef s’accroche aux bords de la patinoire… C’est sur, à mon avis on commence à être connus dans la ville, même pas peur du ridicule, on y est retourné plein de fois et au miracle se sont ajoutés quelques gamelles spectaculaires de ma part ; ben oui ; j'étais grisée par ma réussite, j’ai tenté des retournements et la marche arrière…

Entre temps, on a profité de l’été indien en se baladant au lac de Pohénégamook (les photos sont sur l’album octobre-novembre), de la belle époque de la chasse, là on vous a épargné les photos de cadavres d’orignaux dépecés ; croisés à plusieurs coins de rue.

Halloween a été marquée par la confection de citrouilles rigolotes à l’école et de la fête de la ville et bien sûr ; d’une orgie de bonbons … La visite de la maison hantée pour les moins de treize ans m’a fait peur et a fait pleurer Paolo : d’horribles clowns et autres macchabés nous ont criés dessus et surpris mais bon ça s’est arrangé à la fin quand ils nous ont donné des bonbons !

Pour ma part, toujours pas de boulot en vue alors je continue mon intégration par la pratique de hockey cosom : hockey en salle en basket et avec balle en plastique, 4 contre 4. Je ne sais pas encore si je dois prendre ma crosse à droite ou à gauche mais j’adore ! !

 

Voilà pour les dernières petites nouvelles, à bientôt !

 

10. Sabine on ice...

 

 

 

 

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 00:37

Voilà enfin les photos promises dans l’album «premiers jours et installation » !

Ne comptez pas sur moi pour vous faire un article culturel, je n ai pas ce talent ! Moi, c’est le domaine perso !

Nos premiers jours avec les enfants ont été le prolongement des vacances, par la découverte de notre nouveau lieu de vie, de ses installations et de l’environnement : donc, piscine, jeux d’eau, parcs, ballades en ville et dans le parc floral, dégustation des viennoiseries de la boulangerie d’en bas…

Nous avons aussi goûté au mode de vie de la Pocatière ; gentillesse des habitants prompts à discuter et à offrir leur aide, ouverture des magasins jusqu’à 21h les jeudis et vendredi, innombrables supermarchés qui vendent de l’alimentation, des vêtements, de la pharmacie, des fournitures scolaires…ou pas ! J’ai encore du mal à repérer qui fait quoi et pourquoi. Nous avons aussi découvert que notre boite à lettre est…à la poste ! Il existe un marché couvert le samedi avec quelques producteurs locaux qui nous ont permis de déguster des bleuets (sorte de myrtille), des tomates locales aux différentes formes et couleurs et qui nous ont fourni en basilic (pour les lasagnes, ben oui nous aussi on fait dans le local...).

J’ai eu le plaisir de recevoir un charmant employé de videotron (opérateur de câble) qui plaisantin m’a demande si j’étais étudiante, m’a affirmé être québécois tout droit sorti des bois et qui, gentiment, s’est assuré régulièrement que je comprenais bien, vu son accent à couper au couteau !

La rentrée se prépare et Paolo est déjà assuré que l’autobus jaune des écoliers viendra le chercher en bas de chez nous le 2 septembre, trop classe!

Pour Elisa , c’est le 31 août, l’organisation est plus floue mais on devrait s’en sortir.

Ah, oui, pour les fournitures, nous avons été aidés heureusement par la vendeuse, parce que vous savez ce que c’est vous un cahier à trois trous, un cahier à reliure et une pochette duo-tang ?

Voilà pour nos premiers pas, je vous embrasse tous…

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 02:57

Avant de reprendre l'avion dans quelques jours pour retourner sur ma terre natale, je voulais faire un petit bilan des quatre premiers mois au Canada et faire le point sur mes clichés et croyances d'avant départ.

Cet article est peut-être aussi l'occasion de s'intéresser aux différences et aux points communs entre les deux pays, sachant que je prendrai soin d'éviter de pousser trop loin les comparaisons étant entendu que de chaque côté de l'océan, il y a des atouts et des faiblesses. Mais revenons sur les clichés...

Cliché: les québécois sont accueillants. Vrai de manière générale, souvent de bonne humeur, l'atmosphère générale au Québec est plus détendue qu'en France même à Montréal, je pense qu'il y a moins de stress. La plupart des gens rencontrés m'ont posé beaucoup de questions sur mon parcours et mes choix de vie. Ils avaient l'air très intéressés. Observation importante par rapport à la France, le niveau de vie de la population est beaucoup moins hétérogène qu'en France. D'où, à mon avis, beaucoup moins de problèmes sociaux et une pauvreté qui reste très marginale comparée aux standards européens. Cela dit, j'ai l'impression que la "richesse" de la population est inversement proportionnelle à celle de la Province...

Cliché: l'immigrant est bien accueilli. Vrai sans conteste et est même considéré (parfois) comme du renfort en région. Attention cependant, cela concerne principalement les personnes qualifiées et diplômées. Néanmoins l'accueil des immigrants est très bien organisé de manière générale, même si personne ne vous prendra par la main pour les démarches. Le personnel administratif est souvent disposé à aider et à orienter pour accélérer les procédures. Il existe beaucoup de programmes d'aides et de soutien à la recherche d'emploi. Rappelons aussi les grands principes de l'immigration au Canada: séléction d'immigrants en bonne santé, éduqués (études universitaires quasi-obligatoires), diplomés, parlant au moins une des deux langues du pays aisément et avec des ressources financières. D'autres programmes existent bien sûr (type réfugiés) mais ils restent marginaux. Donc pas du tout les mêmes problèmatiques de gestion de l'immigrant qu'en Europe, pas les mêmes profils d'immigrants non plus, considérant que ceux-ci sont probablement perçus de ce côté de l'Atlantique, à court-moyen terme, comme de généreux futurs contribuables...

Cliché: la vie est moins chère qu"en Europe: Vrai et faux. De manière générale c'est vrai à niveau de salaire équivalent. Le logement, l'essence, les automobiles, les loisirs, le matériel électronique sont moins chers. L'eau est gratuite en région. Le coût de l'électricité est équivalent à la France, peut-être un peu moins cher. L'alimentation est un peu plus chère (surtout les produits laitiers) à mon sens, à l'exclusion des fast foods et des goûters pour enfants et autres chips. Les coûts des télécoms sont beaucoup plus chers (surface territoriale oblige).

Cliché: pas ou peu de délinquance. Vrai pour les régions, faux pour Montréal, même si on est à des années lumières des problèmes de nos grandes villes françaises. Il y a tout de même une mafia à l'ancienne à Montréal et pas mal de règlements de compte.

Cliché: tout le monde parle français au Québec. Faux. La moitié de Montréal parle anglais soit environ 2 millions de personnes, plus les irréductibles loyalistes et les immigrants non francophones.

Cliché: le québécois est indépendantiste. Faux. Le débat est toujours sur toutes les lèvres mais j'ai l'impression qu'il est beaucoup moins passionné qu'il y a quelques années.

Cliché: au Canada, il y a moins de taxes. Vrai. 16% de TVA.  Sur le bulletin de salaire, 4 lignes de prélèvements: impôts sur le revenu provincial et fédéral et régimes des rentes (la retraite par répartition) et de santé (sécurité sociale). Au total ces prélèvements représentent 27% du salaire brut. Il existe des taxes similaires à la taxe foncière ou la taxe d'habitation, ceux sont les taxes municipales et scolaires mais de coûts bien inférieurs. Il semble que les charges sur les entreprises sont, elles, significativement moins lourdes qu'en France.

Cliché: il n'y a pas de protection sociale au Canada: faux. Au Québec, il existe une sécurité sociale un peu sur l'exemple français avec l'équivalent de la carte vitale. Il faut comme en France avoir une mutuelle en parallèle pour être bien remboursé et avoir accès à tous les soins. Celui-ci est néanmoins plus délicat qu'en France, avec des temps d'attente dans les hôpitaux qui peuvent  dépasser les 24 heures sur Montréal. En région et sur Québec, la donne est différente; à La Pocatière d'après ce que j'ai entendu, cela varie entre une et quatre heures. Il existe une assurance chômage collective mais elle est beaucoup moins avantageuse qu'en France. Mieux vaut travailler.

Cliché: il y a beaucoup moins de chômage qu'en France. Vrai sur l'ensemble du Canada. J'aurai connu dans ma vie ce qu'est le plein emploi avec des employeurs qui appellent toutes les semaines pour recruter. En ce qui me concerne, c'est presque surréaliste. Je ne pense pas que ce soit le même cas pour tout le monde, le bon conseil est de partir en région et éviter l'engorgement de Montréal est ses 9% de chômage. Le turn over sur le marché de l'emploi est impressionnant, les entreprises ont du mal à fidéliser les salariés sur le long terme. Pour les carriéristes c'est sans aucun doute l'eldorado.

Cliché: les voitures consomment plus. Vrai et faux. Vrai parce qu'il y a encore beaucoup de pick up et que la majorité des voitures tournent au super. Faux car il y a de plus en plus de voitures économes, voir très économes et que tout le monde roule moins vite (maximum 110 km/heure). Beaucoup moins de gros modèles en circulation qu'il y a dix ans.

Cliché: il n'y a jamais de grèves au Canada. Faux. Il y a eu une grève de trois semaines à Poste Canada qui s"est terminée par une loi fédérale votée en 48 heures. Pas de blocages ou de manifestations néanmoins.

Cliché: en Amérique, on travaille plus. Faux. Il y a moins de vacances certes, mais je pense qu'en France on est imbattable sur nos charges de travail et nos horaires à rallonge. Au Canada, il est fréquent qu'on pointe dans les entreprises, y compris pour les employés et les équivalents cadres. On respecte les horaires dans un sens comme dans un autre. On a l'impression au final, que globalement, on a plus de temps de libre dans une semaine. Si on faisait le calcul sur une année, je pense que le français serait le plus productif (je n'ai pas écrit l'européen) malgré les 35 heures et les six semaines de vacances qui contribuent à saper notre réputation à l'étranger. Le français au travail est plutôt bien coté ici et dans l'ensemble du Canada grâce à la qualité de notre formation universitaire et de nos grandes écoles ouvertes à tous, n'en déplaise à certains politiciens qui dramatisent trop, vu les frais de scolarité en Amérique du Nord...sauf au Québéc! 

Cliché: au Canada, on mange moins bien. Faux. Tous les légumes et les fruits sont présents sur les étalages, je dirais en plus de bonne qualité. Le poisson est plutôt bon marché sans parler du homard... La viande d'angus est excellente et pas trop chère. Le fromage français fait un peu défaut et quand il y en a, il est un peu cher. La charcuterie de qualité est beaucoup plus difficle à trouver aussi sauf sur Québec, doit être découverte en région?Néanmoins, l'excellente bonne surprise c'est le vin. On trouve de très bonnes bouteilles dans les SAQ et vraiment pas chères; vins français, italiens, espagnols, californiens, chiliens, etc...

Cliché: les boissons gazeuses sont à volonté dans les fast food. Vrai.

Cliché: les québécois aiment la chanson française. Vrai et par extension francophone. Les radios québécoises passent volontiers des disques de chanteurs francophones.

Cliché: le Québec et ses grands espaces. Vrai et archi-vrai. Paysages et nature époustouflants!

Cliché: le Québec et ses animaux sauvages. Vrai. Je n'ai pas encore rencontré d'ours ou d'orignal mais je sais qu'ils habitent dans la forêt à côté. Mes seules rencontres peu banales ont été avec des ratons laveurs, des chevreuils, des cerfs de Virginie et un renard.

Cliché: boire un bon café et trouver une bonne baguette de pain est un exploit. Vrai. C'était mes principaux critères pour le choix de mon logement.

Voilà un petit peu tout ce qui me passait par la tête en ce jour de fête nationale du 14 juillet. Cocorico donc et bon jour férié à tous! Au fait même dans le match des jours fériés c'est égalité entre la France et le Canada à mon avis.

Pour finir, un petit extrait de musique que j'ai beaucoup aimé en écoutant les émissions de radio américaines dans la voiture. Peut-être que certains d'entre vous connaissent, je trouve cela pas mal et le titre "into the fire" me rappelle un peu mon parcours initié il y a maintenant de cela quatre mois.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:58

Le festival de Saint-Antonin...Toute une histoire! Aurais-je pu aussi titrer.

Saint-Antonin est un petit village paisible de 3 000 habitants situé à quelques kilomètres de Rivière-du-Loup (20 000 habitants) et à environ 70 km à l'Est de La Pocatière.

Pour vous situer un peu, Rivière-du-Loup est l’une des deux grandes villes du Bas-Saint-Laurent avec Rimouski. C’est aussi un point de départ pour l’observation des baleines et autres belugas, cette partie de l’estuaire étant incluse dans le Parc Marin du Saguenay.

Pour revenir à Saint-Antonin, cette municipalité organise chaque année au mois de juin un festival country (le deuxième du Québec, après celui de Saint-Tite une référence en Amérique du Nord).

Cet événement attire énormément de nostalgiques de l’ambiance far-west, des amateurs de musique country, des curieux comme moi mais aussi et surtout de vrais cow-boys des ranchs des grandes prairies de l'ouest américain.

En effet, pendant le festival se joue une étape importante du Canadian Rodeo Tour, occasion pour les cow-boys de se mesurer dans différentes disciplines assez spectaculaires et répondant en tous points à nos clichés d’européens.

Car du yankee, il y en a…Le cow-boy en vrai bien sûr! C’est un gars assez baraqué et qui n’a pas peur de se rouler dans la boue pour arriver à ses fins.

Le rodéo c’est aussi l’occasion de voir de prêt des bestiaux au caractère bien trempé et de corpulence impressionnante. C’est une vraie fête en somme et on assiste à la compétition comme on va assister à un match de Ligue 1 de football à la différence près qu’on ne sert pas merguez frites ou kebabs comme à Gerland mais smoked meat ou hamburger ou même une livre de homard pour 7$! 

Le folklore est bien là par contre et on se sent vite aspiré par l’ambiance quand on fait le tour des stands de stetsons, de blousons, santiags ou autres ceintures en cuir…Des groupes de musique country rappellent aussi que l’Amérique, "la vraie" n’est finalement qu’à une cinquantaine de kilomètres plus au Sud.

Dans ce contexte, je n'ai pas pu résister à mettre en ligne trois vidéos qui montrent assez bien à quel point les organismes des animaux comme des hommes sont mis à rude épreuve! Petite information intéressante concernant les cow-boys chevauchant taureaux et chevaux enragés, ils prennent autant de coup en huit secondes qu'un footballeur américain en deux heures de match...

 

 

 

 

Tout commence par l'hymne national canadien repris en coeur en version française par l'ensemble du public et par une prière adressée au Tout-Puissant pour s'assurer de sa protection. 

Le spectacle dure environ deux heures, découpé en plusieurs disciplines. Parmi elles, je retiendrais le rodéo sur taureaux enragés, le rodéo sur chevaux sauvages surexcités, le ficelage de veau en 15 secondes, le dressage de mustangs.

 

 

 

 

 

Au-delà de l’aspect folklorique, le festival de Saint-Antonin a été l’occasion de faire encore de belles rencontres comme ce vendeur de cires miracles façon "old far-west" pour chaussures en cuir ou ce dîner improvisé avec les héritiers d’une grande famille québécoise réputée dans toute l’Amérique pour la fabrication de santiags et autres bottes de cow-boys.

 

 

 

 

 Bref, une étape incontournable que je conseillerais à tous les amoureux de ce pilier encore solide de la culture américaine.

 

 

 

 

* De la country pour tous

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 17:07

Comme il pleut aujourd'hui et après une petite grasse matinée bienvenue, j'ai pensé que ce serait une bonne idée de vous raconter un peu la chronique des dix derniers jours.

Tout a commencé par la visite d'une nième maison, belle mais au loyer bien dispendieux par rapport au marché local, et par une discussion à bâtons rompus avec le propriétaire, pas trop habitué apparemment à discuter loyer et autres, surtout complètement inflexible, limite profiteur...Tout ce qu'ai j'ai gagné à l'issue de la discussion...Ceux sont mes probables gallons de "maudit français" à ses yeux...

L'expérience des visites de logements avec les propriétaires d'ici m'a permis au moins de développer un sens pour différencier le margoulin qui essaie de profiter de la situation et qui n'a pas de parole, et le propriétaire sérieux, content d'avoir en face de lui autre chose qu'une bande d'étudiants prêts à saccager le logement en moins d'un an!

Il faut savoir qu'au Québec la loi protège pas mal les locataires et après certaines visites quelque peu exotiques, il ne m'a pas fallu longtemps pour le comprendre! Bref, un peu contrarié, j'ai décidé de réorienter ma stratégie de recherche en visitant des appartements. Je suis donc tombé un peu par hasard sur un logement situé dans "main street", pour les connaisseurs la 4ème Avenue, et je me suis dit que c'était "pas si pire". Le logement se trouve au-dessus d'une boulangerie-pâtisserie française et à côté de l'unique endroit de La Pocatière où l'on sert des expressos comme en Europe (où chez Denise et Raynald).

Il présente l'avantage d'être presque tout équipé: deux frigos, laveuse et sécheuse, aspirateur, cuisinière, divan, tables et chaises...Cinq chambres et deux salles de bain, un petit balcon à l'arrière et une grande terrasse (au moins dix mètres de long) qui donne sur la grande rue. La bâtisse n'est pas récente mais l'extérieure a été refait récemment et présente toutes les caractéristiques du style "canadien". Occupée jusqu'à fin juin par des étudiants, qui ne m'ont pas déçu eux non plus dans leur genre, j'ai décidé de signer le bail, étant donné que le propriétaire, lassé par des années de location avec des étudiants, a consenti un gros effort sur le montant du loyer, se conformant à mon maximum acceptable. Le bail est plus simple qu'en France, on peut s'en procurer un pour moins de 2$, il a trois pages, il décrit les charges du locataire et les obligations du propriétaire, il est signé pour un an, dans mon cas dix mois et demi. Pas de fiches d'imposition, pas d'impôts sur le revenu, pas de garants, pas d'état des lieux....Le propriétaire appelle juste l'employeur pour vérifier que la personne est sérieuse...Me voilà donc bien content et soulagé.

Dans la foulée, nous sommes partis à Montréal avec Denise et Raynald pour voir l'exposition de l'empereur chinois et son armée de terre cuite au musée des Beaux-Arts. Ne connaissant pratiquement rien à l'histoire ancienne chinoise, cela m'a permis d'en savoir un peu plus et de passer un excellent dimanche sous le soleil de Montréal.

Grande ville typiquement américaine, Montréal dénote un peu avec le reste du Québec. Plus d'un québécois sur deux vit d'ailleurs dans la métropole! Plus cosmopolite que le Québec des régions, Montréal est une ville partagée en deux zones anglophone et francophone. Le musée des Beaux-ArtsNul doute que l'identité québécoise se perd un peu au milieu de cette foule à moitié anglophone et originaire des quatre coins du Monde.

Néanmoins, la ville présente tous les attraits d'un grand centre urbain, avec festivals, musées, cinémas, restaurants variés, parcs, centre de loisirs, vie sportive, lignes de métro, etc...

Le choc avec le Bas-Saint-Laurent et même Québec est assez rude malgré tout, et encore, on est loin du niveau de Paris quant à la surpopulation et le niveau d'embouteillage. Au final, Montréal l'été est une ville bien agréable avec ses parcs immenses et ses boutiques attrayantes, pour bien en profiter et ne pas en perdre une goutte, nous avons pris le temps avec Denise et Raynald de nous attarder après le musée sur la terrasse d'un restaurant (indien) de la rue Crescent.

Pour terminer cette semaine bien chargée, juste quelques mots concernant ma participation aux vingt ans de "Place aux jeunes Kamouraska". Organisme régionale qui aide les nouveaux arrivants dans leurs démarches d'installation. L'objectif étant de peupler les régions où les besoins en main d'oeuvre sont énormes et d'occuper le territoire. Ce rendez-vous a tenu toutes ses promesses et c'était aussi l'occasion d'étoffer son réseau de contacts ou rencontrer des élus locaux. L'évènement s"est terminé par un concert d'un groupe de musiciens du cru très talentueux. Originaires de Rivière Ouelle, commune limitrophe de La Pocatière, ils manient parfaitement instruments à cordes et claviers, me rappelant qu'il n'y a pas longtemps moi aussi, je n'étais pas si mauvais avec une guitare dans les mains...Bravo donc à ce groupe québécois pour la création musicale et l'interprétation, leur place sur ce blog n'est pas usurpée, je vous invite à écouter un morceau de leur (premier) album....

 

 

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 03:50

En ce dimanche ensoleillé et à la veille d'un jour ferié national (fête des patriotes pour les québécois et fête de la Reine pour les canadiens), je me suis dit qu'il était temps de vous décrire un peu la région où j'ai posé ma valise depuis un mois, le Kamouraska.

Pour vous situer la région: de Québec prenez le Pont Laporte, faites 135 km en direction de l'Est en longeant la rive Sud du Saint Laurent et vous êtes arrivés. Au Sud, le Kamouraska est frontalier avec l'état du Maine (USA), on y est en moins d'une heure (environ 70 km), à l'est le Kamouraska touche la région du Temiscouata et de Rivière-du-Loup (environ 70 000 habitants).

Le Kamouraska est une région plutôt agricole et peu peuplée (22 000 habitants sur une surface de 2500 km2 soit un peu moins que le Rhône). Les principales villes sont Saint-Pascal, La Pocatière, Saint-Alexandre, Mont-Carmel et ne dépassent pas 4500 habitants.

Cette région a été colonisée par les français dans les années 1670, auparavant elle était occupée par les indiens malécites qui sont aujourd'hui 300 à avoir le statut officiel d'autochtones et établis majoritairement dans le Nouveau-Brunswick voisin. La population est francophone à 97% et très attachée à ses traditions.

Au dire de beaucoup de Québécois, la région offre une qualité de vie supérieure puisqu'on retrouve mer, forêts, montagnes et plaines sur un même territoire, celui-ci étant "relativement" épargné par les grands froids de l'hiver (les températures peuvent descendre pendant deux semaines en-dessous des -20 degrés)  et par les grosses chaleurs humides du Québec l'été (températures rarement au-dessus de 25 degrés). Statistique intéressante concernant le climat, le taux d'ensoleillement du Kamouraska est  l'un des plus élevés du Québec avec près de 2000 heures, ce qui correspond en France au niveau Nord de Lyon! Vue sur le Saint-Laurent du sentier de randonnée

Au niveau de la flore, le territoire est recouvert par des espèces communes qu'on retrouve autour du Saint-Laurent à cette latitude: épinettes, sapins, érables (dont érables à sucre), bouleaux jaunes et bouleaux blancs, hêtres et tilleuls.

A ce sujet, j'invite tous les botanistes à m'envoyer leurs suggestions concernant les éspèces prises en photos et non identifiées lors de ma randonnée de ce matin (cf album De Natura reris).

En ce qui concerne les animaux, on retrouve le célèbre orignal mais aussi le majestueux cerf de Virginie, la marmotte, le castor et bien sûr l'ours noir. Les espèces d'oiseaux sont nombreuses, citons par exemple le geai bleu d'Amérique que j'ai réussi à prendre en photo, j'ai vu aussi un cardinal (impossible de le prendre en photo pour l'instant), la bernache du Canada, le cormoran, l'oie blanche et quelques rapaces assez imposants que j'ai vu planer à plusieurs reprises.

Au niveau de la faune aquatique, citons le saumon de l'Atlantique, l'esturgeon, l'omble de fontaine, l'anguille et le béluga.

Le Kamouraska est donc une région particulièrement intéressante et loin des circuits touristiques classiques du Québec proposés couramment en Europe. Néanmoins dès que le soleil commence à sortir et les températures à monter, les villages se transforment peu à peu en stations balnéaires et l'on voit déambuler les habitants en tongues, shorts, et lunettes de soleil, faire des piques-niques sur les bords des rivières ou du Saint-Laurent et pour les plus veinards, accrocher des canoës ou des bateaux de rafting sur les toits des voitures ou sur des remorques.

La belle saison commence donc et je suis vraiment impatient de partir à la découverte de ma nouvelle région d'adoption.

Pour agrémenter l'article et garder cette "ambiance vacances", un petit extrait de Jack Johnson pour souhaiter la bienvenue à mes enfants et à celle qui viendra me rejoindre bientôt .

 

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 03:43

Et oui! Après quelques jours de vacances, Radio-Québec recommence à émettre! Excusez la coupure de temps comme disent les gens des ressources humaines ici, mais pendant le court passage de Sabine et des enfants, je me suis accordé un petit break.

En tout cas, la semaine qui a suivi n'a pas été de tout repos puisqu'il a fallu redescendre sur terre et faire face à la question douloureuse mais non moins stratégique de la voiture.

Comme vous l'avez compris, l'Amérique est un continent immense et le Québec n'échappe pas à la règle (pour une fois!), il faut donc trouver des moyens de locomotion pratiques sans se ruiner ou passer des heures dans les transports.

A ce propos, ici les distances se mesurent en heures de parcours, par exemple un Québec-Montréal c'est 2h30, un Québec-Halifax c'est 8 heures, un Montréal-New-York comptez 4h, etc...

Ainsi, au Québec, on a exactement les mêmes moyens de locomotion que partout dans le Monde (avion, bus, train, voiture) avec la moto-neige en hiver en prime.

Pour faire le point rapidement, l'avion pour voyager autour du fleuve Saint-Laurent, on oublie, le train, et bien c'est simple il n'y a que quelques lignes plus ou moins rentables qui desservent les grands centres urbains (voir quelques petites villes de régions), notons d'ailleurs que ce moyen de locomotion sert principalement au transport de marchandises et produits agricoles ce qui explique le peu de camions sur les routes proportionnellement au niveau de l'activité économique, ensuite  le bus, d'accord, mais c'est pas pratique pour aller faire des courses en région, et puis la moto-neige...et bien on verra en hiver (des bons plans sont en train de s'organiser présentement avec les collègues de bureau).

Il nous reste donc la voiture si je compte bien.

Elle n'échappe pas au cliché de nous autres européens, la voiture en Amérique c'est un peu comme en Allemagne et leur "heiliges blech" (le saint fer-blanc) comme ils aiment la surnommer, c'est un objet mythique et essentiel pour la vie de tous les jours. C'est aussi un positionnement, une image, un signe d'appartenance et pour certains un signe extérieur de richesse.

Les voitures ici sont à la fois maltraitées par dame Nature (grands froids, sel sur les routes, routes en mauvais état) et à la fois bichonnée par la majorité des conducteurs qui n'hésitent pas à les nettoyer plusieurs fois par mois dès que le temps le permet. J'ai rencontré d'ailleurs un entrepreneur français originaire de Narbonne qui a monté une société de nettoyage de voitures qui marche très bien avec les concessionnaires du Nord de la ville de Québec.

Bref la voiture pour La Pocatière, c'était incontournable. Jusqu'à la semaine dernière, je louais une voiture avec autoescape mais cela me coûtait un peu cher (1000 euros pour trente jours assurances comprises). Je me suis donc mis dans la tête d'acheter une voiture et diviser le coût mensuel par 4.

Pressé par le temps, je me suis fait rapidement le tour des concessionnaires à la recherche d'opportunités et pour savoir à quelle sauce j'allais être mangé. Premier point, contrairement à une croyance très répandue par chez nous, il n'est plus aussi facile d'obtenir un crédit en Amérique. Pour le français que je suis sans aucun historique de crédit sur le continent, on a même prétendu que j'avais obtenu une carte de crédit par miracle. En fait, les banques mutualistes le font quand la personne trouve un emploi. Obtenir un prêt pour une voiture si on a pas d'emploi, c'est une autre affaire: la seule alternative c'est de payer cash.

Moi, j'avais pas envie de mettre toutes mes économies dans la voiture donc on m'a autorisé un crédit grâce à mon contrat de travail et mes deux premiers bulletins de paie.

J'ai donc opté pour Ford, j'en suis pas mécontent, je voulais éviter d'acheter une japonaise ou coréenne extrêmement répandue ici (et pas si pire!) et participer un peu à ma manière au programme "Amercia's first" pour mieux m'intégrer.

Au niveau administratif, c'est un peu comme en France, il faut assurer la voiture dès le premier jour pour les dommages de carrosserie (environ 480 Euros/an), une plaque d'immatriculation est attribuée à vie au conducteur par le gouvernement du Québec avec la fameuse devise "je me souviens" (j'avoue que j'étais un peu ému à ce moment là) la plaque est payante tous les ans (180 Euros) elle correspond à l'assurance du tiers payant, un moyen pour l'état d'être certain que toutes les voitures sont assurées.

Tout ceci pour dire que je vais pouvoir continuer à être à l'heure au travail et voyager sur le continent avec une voiture bien assurée, propre et confortable.

Avec mon contrat de travail en mains, pour avoir ma voiture, j'aurai mis pas plus de 48 heures chrono!

 

  IMGP2635

 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 02:58

Un peu comme le titre accrocheur de Tocqueville qui s'intéressait à la mise en place progressive de la démocratie en Amérique, je voulais consacrer un petit article à cette mosaïque d'ethnies qui compose l'Amérique d'aujourd'hui. Pour une fois, j'évoquerai l'Amérique dans son ensemble car USA et Canada à quelques exceptions près, c'est la même situation et ce, même si le Canada est dix fois moins peuplé que son voisin américain. Rappelons d'ailleurs que la frontière entre les USA et le Canada est la plus longue frontière non gardée du Monde.

Donc, qu'est-ce qu'un américain aujourd'hui? Et bien la réponse est aussi stupide que la question qu'est-ce qu'un français aujourd'hui? Je partirai donc du principe qu'un américain est une personne qui vit en Amérique voilà tout, sans distinction de couleur, religion, langue, culture ou tenue vestimentaire. Pour moi éduqué dans le cadre républicain, le parallèle était intéressant, je me suis donc un peu amusé au jeu des comparaisons entre la France et l'Amérique en matière d'intégration.

Comme tout le monde le sait, les seuls américains de souche sont les autochtones des premières nations: iroquois, algonquins, sioux, hurons, appaches, inuits, etc...Aujourd'hui selon les statistiques officielles, le Canada ne compterait plus que 1,2 millions d'autochtones. Au Québec, les plus connus sont les hurons qui ont toujours été des alliés fidèles tant vis-à-vis des français que du Canada en règle générale surtout lorsqu'il fallut sauter au-dessus de la Normandie en 1944. Le métissage ethnique a fait qu'il est compliqué aujourd'hui de reconnaître un huron dans la rue tant il ressemble à monsieur tout-le-monde! Les iroquois sont aussi bien représentés et savent faire entendre leurs voix. Ils sont beaucoup plus présents en Ontario et dans l'état de New-York.

Ensuite sont arrivés les blancs, on connaît les WASPS (White Anglo Saxons Protestants), les français, les irlandais, les allemands, les espagnols dans le Sud des Etats-Unis. Puis, les africains arrachés de leur continent contre leur volonté. Suit la vague d'immigration méditerranéenne, Italie et Grèce principalement, puis les chinois pour construire les voies ferrés de l'ouest et enfin les mexicains et portoricains. Aujourd'hui la provenance de la population s'est fortement "mondialisée" mais les contingents principaux d'immigrants viennent d'Inde, du Pakistan et d'Amérique centrale.

Tout ce petit monde cohabite, non sans mal, et il est bien difficile par ailleurs, pour la plupart des américains d'immigration non récente de remonter l'arbre généalogique familiale car il faudrait parler plusieurs langues voir plusieurs dialectes.

Le Québec fait un peu exception en la matière encore une fois. Beaucoup de québécois savent même à peu près comment s'appelaient leurs ancêtres venus de France.

Population vieillissante, le Québec a recours à l'immigration choisie, c'est-à-dire fondée avant tout sur des critères de langue et de compétences professionnelles. Pour le reste du Canada, les portes sont ouvertes à tous à condition d'être en bonne santé et avoir des fonds suffisants. Statistiques Canada prévoit qu'à ce rythme la population canadienne augmentera d'un tiers d'ici cinquante ans. Aux Etats-Unis, la loterie de la "green card" choisira ceux qui auront le droit d'habiter au pays de l'Oncle Sam.

Pour en revenir à l'assimilation ou à l'intégration en Amérique, et bien en fait, à mon avis, il n'y en a pas. Ou la question ne se pose pas en ces termes. Il faut souvent attendre la génération suivante pour parler d'assimilation. Je m'explique: les états ne prennent pas en charge ce registre de la vie quotidienne estimant que ce sujet concerne la vie privée. Donc, si vous voulez continuer à parler votre langue maternelle dans votre coin et aller suivre des cours dans une école où l'on parle votre langue, c'est votre droit le plus strict, l'administration ne vous forcera pas à aller à l'école publique. Ce n'est pas pour autant que ceux qui agissent de cette façon se sentent moins américains que les autres, par contre cela complique sérieusement la question identitaire.  Encore une fois, le Québec fait office d'exception avec la fameuse loi 101, même si la loi fédérale canadienne sur les accomodements raisonnables a pour l'instant la primauté. Les accomodements raisonnables c'est en règle générale l'assouplissement d'une norme pour éviter la discrimination, en particulier dans le travail. Les limites de ce système résident dans le fait qu'il risque de mettre en confrontation des intérêts opposés en n'imposant aucune échelle de valeurs : par exemple le droit de la femme à s'instruire et le droit d'empêcher sa femme de sortir de la cuisine si votre religion vous l'oblige, ou la nécessité de porter un turban pour les sikhs et l'obligation de l'enlever pour siéger au parlement du Canada. C'est donc bien compliqué et de ce point de vue, la république française, bien que plus directive, est beaucoup plus claire sur le sujet.

En tout cas, l'américain moyen se fout bien de tout ça car l'Amérique avance, bouillonne et se régénère peu à peu grâce à ces nouvelles populations qui affluent des quatre coins du Monde. Malgré les difficultés, elles apportent dynamisme, nouveauté et surtout jeunesse sur un continent où il ne manque pas d'ouvrage. Encore une statistique intéressante concernant le Canada: en 2017 (donc dans seulement six ans!) un habitant du Canada sur cinq sera né à l'extérieur du Canada! Le visage de l'Amérique se transforme donc, on l'a vu avec l'éléction d'Obama... La question est de savoir comment est-il possible d'accueillir autant de monde dans les meilleures conditions et de vivre correctement dans un consensus accepté par tous?

Pour rester optimiste et célèbrer la réussite de ce métissage, j'ai choisi un morceau de Jimi Hendrix que j'aime beaucoup. Donc, je me fais un petit plaisir pour cet article. Lui qui était un américain des plus novateurs et créatifs de son époque mais aussi de sang africain, européen, cherokee...

 

 

      

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 01:51

Aujourd'hui est un jour pas comme les autres...Le Canadien joue son deuxième match dans les séries! La pression monte dans tout le Québec et pas que dans les verres...

Mais qu'est-ce que le Canadien? Et bien c'est une institution au Québec et dans tout le Canada, ne pas consacrer un article à ce fait social me paraissait être une faute de goût impardonnable. 

J'envoie donc par avance toutes mes excuses à mes lecteurs qui ne s'intéressent pas au sport, mais le Canadien est une équipe de hockey sur glace. Oui oui mais pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit du célèbre Canadien de Montréal. 

 

Tout le monde en parle depuis une semaine, depuis qu'on connaît les heureux qualifiés des séries. Bon doucement...C'est quoi les séries? Et bien rien de plus simple: partageons le continent nord-américain en deux: l'Est et l'Ouest. Prenons dans chaque partie les trente deux meilleures équipes de hockey canadiennes et américaines. Dans chaque groupe sortent les huit meilleures équipes qui s'affrontent entre elles dans ce que l'on appelle les séries, on peut dire aussi les playoffs. A l'issu de ces séries, il y a un vainqueur de l'Est et un vainqueur de l'Ouest qui s'affrontent en sept matchs. Le gagnant est désigné champion du Monde de hockey et ramène une coupe à la maison (et des millions de dollars) : la légendaire Coupe Stanley.

Le Canadien est une équipe mythique car elle incarne la réussite du sport québécois. Ainsi, c'est une équipe centenaire qui est la plus titrée du circuit puisqu'elle a gagné vingt quatre coupes Stanley, elle détient le record du plus grand nombre de supporters à travers le continent, elle joue dans la plus grande patinoire (environ 22 000 places), elle représente une ville à la fois anglophone et francophone, des joueurs légendaires ont porté le célèbre "chandail tricolore" et elle est encore en course pour remporter la coupe. Au Québec, le hockey est une institution. Quand je pense que parfois on disait en France qu'il y a avait trop de football à la télé...Le hockey ici, on en parle dans tous les journaux télévisés au moins deux minutes, des chaînes diffusent les matchs en boucle, parfois dans certaines émissions on peut assister à des séances d'entraînement, sans parler des reportages en diffusion continue sur les chaînes câblées du continent.

Un vrai fait social en somme d'autant plus qu'il est simple de trouver le fameux chandail mais aussi tous les produits marketing annexes vendus autour de l'équipe, certains iront même jusqu'à planter des drapeaux sur le toit de leur voiture!

Bref, je m'étais dit avant d'arriver au Canada qu'il fallait que je m'intéresse à ce sport collectif pas trop difficile à comprendre et assez spectaculaire. Premier constat, ce n'est pas une surprise, comme dans presque tous les sports professionnels sponsorisés, les joueurs sont millionnaires. Deuxième constat ils sont adulés comme de vrais héros même si certains n'ont pas toutes leurs dents (et pas à cause d'appareils d'orthodontie). Troisième constat, le jeu est effectivement très prenant, il est à la fois rude et tout en finesse, rapide et stratégique. Quatrième constat, c'est un sport que l'on regarde avec une bonne bière. Pour l'instant, le plus doué à ce petit jeu est Sidney Crosby qui joue à Pittsburgh. C'est un bon petit gars de la Nouvelle Ecosse, genre beau gosse et très poli dans ce monde de brutes, qui a fait ses classes dans les centres de formation québécois. Il est rentré dans la légende du hockey et dans l'histoire collective canadienne pour avoir envoyé l'équipe US en enfer en marquant le but de la victoire en prolongations  lors de la finale des derniers jeux olympiques de Vancouver. Un comme cela, toutes les décennies! Comme diraient certains.

  

Le Québec retient son souffle, donc pour bien être dans l'ambiance et ne rien louper,  avec Raynald et Denise nous avons unanimement décidé de se faire un repas 100% canadien pour soutenir les p'tits gars de Montréal comprenant homard de la Nouvelle Ecosse à gogo, salade, riz et gateau au chocolat en dessert.

Une bonne bière américaine pour regarder le match et du Chablis sur la table pour arroser tout ça. Joli plateau pour regarder le match

Au final, nous avons réussi notre soirée puisque le Chablis a tenu toutes ses promesses et le homard était succulent. Au fait, le Canadien a gagné 3-1 à Boston pour ce second match et il se rapproche des demi-finales de séries. Restons lucides néanmoins, la route est encore longue avant d'arriver à soulever notre 25ème Coupe Stanley.  

 

 

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